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Améliorer la qualité nutritionnelle des aliments pour la santé et la lier aux modes de production, de transformation, de distribution et à l’environnement.

 
Mardi, 03 Avril 2012

Un programme européen TERIFIQ, lancé le 7 février 2012 et coordonné par l’INRA, vise par la recherche et l’innovation technologique à réduire significativement certains ingrédients (matières grasses, sel, sucre) dans les aliments de consommation courante, afin de contribuer à alléger ou éviter de nombreuses pathologies (obésité, maladies cardio-vasculaires, diabètes…) liées à l’excès de leur consommation et épargner ainsi de nombreuses vies. Par ailleurs, un décret du 23 janvier 2012 prévoit la possibilité pour l’Etat d’accorder, aux organisations, syndicats professionnels, entreprises, reconnus et sur leur demande, la reconnaissance des accords collectifs par lesquels les opérateurs concernés s’engagent sur des objectifs quantifiés à l’amélioration de la qualité nutritionnelle et à la promotion de modes de production et de transformation durables.

 

 

> La Commission européenne souhaite mettre en œuvre une politique volontariste et préventive pour les pathologies émergentes liées à la nutrition. Cette politique nécessite de disposer des connaissances scientifiques et technologiques sur la physiologie humaine, la composition et la structure des aliments, la technologie alimentaire, le comportement des consommateurs. Des progrès récents dans ces domaines, réalisés notamment par les équipes de recherche de l’INRA, permettent d’entrevoir la possibilité de substituts alimentaires adaptés et intéressants pour de nouvelles formulations, avec des perspectives d’application à court et moyen terme. Néanmoins, la tâche est complexe car ces ingrédients sont généralement impliqués dans différentes caractéristiques de l’aliment (saveur, arôme, texture, propriétés rhéologiques, conservation…).

 

Le projet TERIFIQ (Combining Technologies to achieve significant binary Reductions in salt Fat and sugar in everydays foods whilst optimising their nutritional Quality = Associer les technologies pour réaliser des réductions binaires de sel matière grasse et sucre dans les aliments de consommation courante tout en optimisant leur qualité nutritionnelle) a été lancé pour une durée de 4 ans. Il vise essentiellement à :

- réduire le niveau de sel, sucre et matières grasses dans les fromages, viandes, produits panifiés et produits prêt à manger en maintenant les qualités nutritionnelles et sensorielles de ces produits pour préserver une bonne acceptabilité par les consommateurs.

- étudier la macro et microstructure de ces produits, à estimer la valeur nutritionnelle des aliments reformulés en comparaison aux produits traditionnels. Les résultats en découlant seront utilisés pour optimiser les reformulations et les procédés alimentaires mis en œuvre.

 

Les objectifs appliqués concernent de nombreux aliments de consommation courante, sur la base de modèles réalistes et en jouant sur les paramètres technologiques :

- Réduire la teneur en sodium (jusqu’à 30%) de différents types de fromages (pâtes molles, semi-dures et dures) et, en même temps, améliorer la qualité de la matière grasse ;

- Réduire les matières grasses saturées et le sodium (jusqu’à 50%) dans les saucisses cuites et aussi dans les saucisses sèches maturées en utilisant des technologies telles que les émulsions multiples et la microcristallisation de la matière grasse ;

- Réduire les matières grasses et le sucre dans les produits de type « muffin » jusqu’à 25% ;

- Réduire la quantité de matière grasse jusqu’à 50% dans les sauces utilisées dans les aliments prêts à consommer. La réduction du taux de sel sera aussi étudiée.

 

Un des objectifs majeurs de ce projet est de démontrer que ces nouvelles formulations sont transférables à l’échelle industrielle. Dans ce cadre, des activités de démonstration (Production d’aliments reformulés par l’industrie et études consommateurs) avec plusieurs PME de différents pays européens seront conduites.

 

Ce projet, coordonné par l’INRA de Dijon et INRA-transfert, rassemble 16 partenaires européens représentant des expertises dans différents registres, du fondamental à l’appliqué, ainsi que plusieurs partenaires industriels. Le budget dont bénéficie le projet est de 4 millions d’euros pour une durée de 4 ans (début 2012 à 2015). Les trois premières années seront consacrées aux phases de recherche et la dernière année essentiellement au transfert de technologie vers l’industrie.

 

 

> L’Etat s’engage à reconnaître les accords collectifs fixant, pour toute une famille de produits agricoles ou alimentaires, des engagements avec des objectifs quantifiés relatifs à l’amélioration de la qualité nutritionnelle et à la promotion des modes de production, de transformation et de distribution durables. Le décret n° 2012-80  du 23 janvier 2012 du ministère chargé de l’agriculture et de l’alimentation, modifie en ce sens les dispositions relatives aux accords collectifs mentionnés à l’article L 230-4 du code rural et de la pêche maritime.

- Les engagements sur la qualité nutritionnelle peuvent porter notamment sur :

  • l’augmentation de la teneur en fruits et légumes ;
  • la réduction de la teneur en sel ;
  • la réduction de la teneur en lipides, notamment lipides totaux et acides gras saturés ;
  • l’augmentation de la teneur en glucides complexes et en fibres ;
  • la réduction de la teneur en glucides simples.

 

La mise en œuvre de ces engagements doit être conciliée avec la préservation ou l’amélioration de la qualité gustative des produits concernés.

- Les engagements sur la promotion de modes de production, de transformation ou de distribution durables peuvent porter notamment sur :

  • la sélection de produits agricoles ou agroalimentaires composant la denrée issue de modes de production, de transformation ou de distributions durables ;
  • la réduction du gaspillage alimentaire à tous les stades de la chaîne alimentaire et la préservation des ressources naturelles ;
  • la promotion du patrimoine alimentaire et culinaire.

 

- Ces accords précisent :

  • la liste des entreprises ou des groupements signataires et leur représentant désigné :
  • la ou les familles de produits visées ;
  • les objectifs quantitatifs et qualitatifs ;
  • les délais de réalisation de ces objectifs ;
  • les actions envisagées ;
  • les critères permettant de mesurer le respect de ces engagements et l’impact des actions aux échéances définies dans l’accord collectif et au terme de l’accord ;
  • les modalités de transmission à l’observatoire des éléments visant à assurer le suivi de cet accord ;
  • les modalités de valorisation des termes de l’accord.

 

 

- La mise en œuvre de ces accords fait l’objet de rapports adressés à l’observatoire de l’alimentation, ces rapports rappellent les objectifs des accords, les actions mises en œuvre , et précisent le degré de réalisation de ces accords et les difficultés éventuelles

L’observatoire de l’alimentation rend compte annuellement au ministre chargé de l’alimentation du contenu de ces rapports.

Beaucoup d’entreprises, déjà engagées collectivement dans des référentiels sur la qualité de l’alimentation, incluant les aspects environnementaux, vont pouvoir mieux définir leurs accords et se trouver confortées dans leurs actions volontaires par une reconnaissance officielle du sérieux  de ces actions.

 

 

Sources : INRA, communiqué de presse, 07/02/2012 « Améliorer la qualité des aliments de consommation courante : lancement du projet européen TeRIFIQ »
http://www.inra.fr/presse/terifiq_amelioration_qualite_alimentaire


Legifrance .gouv.fr, Décret n°2012-80 du 23 janvier 2012 relatif aux accords collectifs mentionnés à l’article L 230-4 du code rural et de la pêche maritime, ministère de l’agriculture, de l’alimentation, de la pêche, de la ruralité et de l’aménagement du territoire (MAAPRAT)
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTextedo?cid/Texte=JORTFTEXT00002519567989date=Texte&categorieLien=id

 
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