 Rappelons qu’IBMA englobe dans les produits de lutte biologique outre les agents de lutte biologique sensu stricto, à base de macroorganismes et de microorganismes et leurs produits (selon l’approche définie par l’OILB-srop et la FAO), les phéromones, les produits naturels et ceux qui visent à renforcer les défenses naturelles des plantes.
Requiem ® est un produit de la société canadienne AgraQuest, destiné à lutter contre les thrips, aleurodes, acariens et pucerons. Il est à base d’extrait de plante le Chenopodium ambrosioides. C’est un cultivar particulier possédant un profil original pour la production de pesticides, sous forme d’un mélange de terpénoïdes. Sa culture est effectuée pour cet usage exclusif. Il est formulé en concentré émulsifiable à 25% de matière active et adhère aux feuilles. Son activité de contact est importante, mais il n’a pas d’action systémique, ni translaminaire. Il est très actif sur les œufs et jeunes larves dont il réduit les populations. Il a aussi un effet dissuasif sur la prise d’alimentation, ce qui contribue à réduire la diffusion des maladies à virus.
Les essais du Requiem ont été réalisés avec succès contre le Thrips sur oignon, le puceron sur navet et chou, les acariens de la vigne, l’aleurode sur tomate, avec le contrôle de la diffusion du virus TYLC sur tomate et du nouveau virus du melon d’eau aux USA. Il épargne les auxiliaires : abeille, acariens prédateurs, Encarsia, Syrphes, hyménoptères parasites. Son intérêt réside dans l’amélioration de la productivité des cultures, le bas niveau de résidus et l’amélioration de l’environnement.
La Société belge Viridexis a présenté, sous le nom de Fresa Mix, un ensemble de méthodes de lutte biologique contre 14 espèces de pucerons s’attaquant aux fraisiers (dont 8 sont des ravageurs majeurs), basées sur la combinaison d’espèces d’hyménoptères parasitoïdes, que cette société produit. Il s’agit d’Aphidius ervi, A. colemani, A. matricariae, Praon volucre, Aphelinus abdominalis. Les essais ont été réalisés dans 32 serres d’Europe, représentant au total 18 000 ha. Ils ont permis de définir : 1-les stratégies utilisées (précocité des lâchers, nutrition, doses, rapports avec les espèces- cibles, points de lâchers, suivi, niveau de confiance) ; 2-Les prototypes de lâchers (tubes carton ventilés ou non sur piquet, boite en carton sur pied, points de miel intégrés ou non). Les contrôles ont porté sur : la durée de vie, l’étalement des sorties, les pucerons localisés dans 35% des serres, le niveau d’intérêt pour les producteurs, l’installation de la population, les « momies » dénombrées, le rôle de M. euphorbiae et A. malva rogersii comme réservoir des populations, enfin l’installation des parasitoïdes dans les serres adjacentes.
Une grille d’efficacité des espèces de parasitoïdes sur les 14 espèces de pucerons s’attaquant au fraisier a été établie, permettant le choix des combinaisons des espèces les plus performantes. Les avantages de la méthode par rapport à la lutte chimique sont une efficacité et une facilité d’emploi équivalente et l’absence de résistance. Les inconvénients sont une efficacité plus lente, l’adéquation de l’utilisateur à la méthode, son emploi préventif, l’utilisation avec d’autres produits.
(voir : www.viridaxis.com).
Développement d’une nouvelle stratégie de lutte contre la mouche de la cerise Rhagoletis cerasi, avec des préparations de champignons entomopathogènes. (Détail dans C. Daniel et E. Wyss. Journal of applied Entomology, 155, 473-483). La communication relate le processus, allant du laboratoire au champ, de mise au point d’une méthode de lutte biologique innovante. Six espèces (souches) de champignons ont été isolées cultivées et évaluées au laboratoire, sur des adultes de mouche obtenus à partir de cerises infestées récoltées. L’évaluation de leurs potentialités ont porté sur : la mortalité et son évolution, l’importance des mycoses, la fécondité et la fertilité des mouches. La conclusion a été qu’il s’agissait de la 1ère mise en évidence de la grande sensibilité des adultes aux champignons testés, mais avec de considérables différences de virulence selon les isolats : Paecilomyces fumosoroseus 954 montrait une faible virulence et Beauveria bassiana ATCC 74040 une bien plus grande efficacité même à faible concentration. La sensibilité des larves était faible et négligeable au champ. L’infestation des mouches durant leur sortie par traitement du sol est apparue possible (Ndlr : la mouche de la cerise hiverne sous forme de pupe dans le sol).
Les essais au champ on été effectués avec des produits formulés fournis par les sociétés Andermatt Biocontrol (Suisse) et Intrachem Bio (Italie), soit à base de Beauveria bassiana, Paecilomyces fumosoroseus Apopka 97 ou Metarhizum anisopliae 714. Le dispositif expérimental était en blocs randomisés. Le 1er traitement avait lieu 5 jours avant le début de la période d’émergence des mouches et le dernier 7-14 jours avant récolte. La surveillance des adultes en verger, effectuée avec 1 piège jaune englué par arbre, a montré une réduction de l’intensité de vol de 18 à 45%. La dégradation des conidies sur des échantillons de feuilles a montré que leur activité se maintenait durant 7 jours, ce qui a nécessité le renouvellement des traitements.
En conclusion après 2 années d’essais sur 4 vergers différents, avec plusieurs variétés de cerise, il est apparu que Naturalis L, à base de Beauveria bassiana, réduit les infestations des fruits de 65%. La cadence de traitement doit être adaptée à la période de vol et à la variété avec un 1er traitement 7 jours avant de début de l’émergences d’adultes, les suivants à 7 jours d’intervalle et le dernier 7 jours avant récolte. Naturalis L est homologué en Suisse et en Italie et il résout le problème de la lutte contre la mouche de la cerise dans les vergers d’agriculture biologique. L’expérience de 2009 montre l’importance d’un avertissement agricole et la nécessité de mesures prophylactiques additionnelles si la population de mouches est importante. Les recherches se poursuivent en Suisse afin d’évaluer la possibilité d’utiliser en complément un hyménoptère Ichneumonidae parasite afin de diminuer la pression d’attaque.
Sources : Sources : IBMA http://www.abim-lucerne.ch 4th Annual Biocontrol Industry meeting 2009 cliquer sur all presentations for download.
bioactualites.ch http://www.bioaktuell.ch/fr/atualites/nouvelles/article/reguler-la-mouche-de-la-cerise-avec-naturalis-l.html
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