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BIOCARBURANTS DE 2ÈME GÉNÉRATION : UNE UNITÉ EXPÉRIMENTALE ET UNE NOUVELLE PERSPECTIVE

L’Institut français du pétrole (IFP) a installé à Lyon une nouvelle unité pilote de torréfaction de la biomasse pour ses travaux de recherche sur la production de biocarburants de seconde génération, à partir de biomasse cellulosique (bois, paille) par voie thermochimique (BTT = Biomass to liquid). Par ailleurs le génome d’un champignon filamenteux transformant de manière très performante la cellulose des végétaux en sucres simples a été décrypté par une équipe du CNRS/Universités de la Méditerranée et de Provence), cela permettra d’améliorer son patrimoine génétique pour une encore plus grande efficacité.

Avec la pyrolyse la torréfaction est une des deux voies envisagées comme prétraitement de la biomasse avant sa conversion en carburant liquide par gazéification et synthèse. La torréfaction est un traitement thermique de la biomasse à 300° maximum, en l’absence d’oxygène et sous balayage d’azote. On concentre ainsi l’énergie dans le matériau, afin le rendre plus facilement broyable pour son utilisation en poudre. L’intérêt de cette technique est de réduire les coûts de broyage. Les travaux de l’IFP (Etablissement public à caractère industriel et commercial -EPIC- a des missions de recherche et de formation élargies dont l’objectif est de promouvoir des innovations dans le domaine des énergies et matériaux du transport et prenant en compte l’environnement), dans le domaine de la torréfaction se situe dans le cadre du projet coopératif ANR TORBIGAP avec de nombreux partenaires (CIRAD, CEA, ENGREF, UTC et CMI) et en collaboration avec l’Ecole des mines de St Etienne ou l’Université de Pau. Cette unité pilote d’essais, est capable de torréfier plusieurs lots de 20 kg de bois (en plaquettes) par jour. Elle fait suite au dispositif pilote continu de taille réduite (5 kg/h).
Le champignon filamenteux Trichoderma reesei, a été découvert durant la seconde guerre mondiale, il dégradait les équipements de l’armée américaine et aucune toile en coton ne lui résistait. Cela grâce à sa batterie d’enzymes, de cellulases aux propriétés catalytiques particulièrement performantes pour dégrader les végétaux. C’est ainsi qu’il est apparu comme la référence pour transformer la cellulose de la paroi végétale en sucres simples, dont il se nourrit, par saccharification. Après fermentation ces sucres simples peuvent être facilement transformés en biocarburant, comme l’éthanol. L’équipe de glycogénomique du Pr. Bernard Henrissat au sein du Laboratoire Architecture et Fonction des Macromolécules Biologiques (CNRS/Universités de la Méditerranée et de Provence) a procédé, en collaboration avec des chercheurs américain, au décryptage du génome de ce champignon. Cela a révélé qu’il ne possède qu’un nombre très faible de gènes codant pour les cellulases, très inférieur à ce que l’on observe chez des champignons possédant des propriétés analogues, de plus les nombreuses activités enzymatiques permettant la digestion de composants particuliers des parois des plantes sont inexistantes ou faibles. Ces particularités du « cocktail enzymatique » de Trichoderma reesei se prêtent ainsi facilement à des améliorations génétiques nombreuses. Les chercheurs pourront donc découvrir quelles enzymes on peut ajouter à son patrimoine génétique en vue d’une saccharification plus efficace pour produire du bioéthanol.

Sources :IFP, communiqué de presse 31 mars 2008. http://www.ifp.fr
Jean-François Desessard BE France numéro 210 (26/05/2008) – ADIT / ADIT –
http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/54770.htm

 - 16/06/2008
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