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LES AVERTISSEMENTS AGRICOLES DE LA PROTECTION DES VÉGÉTAUX SONT SUPPRIMÉS

Le ministère de l’agriculture parle de recentrage des missions de la protection des végétaux et en même temps de renforcement de la surveillance des bio-agresseurs. Les Fédérations régionales de défense contre les organismes nuisibles (FREDON) et d’autres partenaires sont censés prendre le relais, sans transfert des moyens nécessaires. Les agriculteurs vont en faire les frais et s’inquiètent surtout de ne plus disposer de conseils concertés au niveau national et surtout indépendants, au moment où on leur demande de réduire l’usage des pesticides.

Ces avertissements existent depuis longtemps, plus de 60 ans dans la viticulture, et les bulletins fournissaient des renseignements sur l’évolution tout au long de l’année des maladies, ravageurs et autres nuisibles aux cultures aux Chambres d’agriculture, Instituts techniques et agriculteurs. La protection des végétaux les perfectionnait sans cesse et diffusait des conseils harmonisés à l’échelle nationale dans l’optique d’une protection raisonnée et intégrée, permettant de limiter l’usage des pesticides, gérer les résistances, préserver les auxiliaires, promouvoir les méthodes alternatives de lutte… Selon le ministre il s’agit de recentrer chacun sur ses missions fondamentales : Services régionaux de la protection des végétaux, Fédérations régionales de défense contre les ennemis des cultures et d’autres partenaires. La protection des végétaux s’orienterait vers une activité de validation des conseils phytosanitaires et de définition de « bonnes pratiques » (conseils écrits, obligation pour le conseiller d’appartenir à un réseau d’observateurs de terrain…), cela dans l’optique de la professionnalisation des métiers de la distribution et du conseil phytosanitaire autour d’un objectif de certification. Les conseillers des chambres d’agriculture sont perplexes car ils craignent que les avertissements agricoles s’effacent au profit de conseillers privés liés à des distributeurs phytosanitaires, alors que l’on veut donner la priorité à une agriculture raisonnée respectueuse de l’environnement. Il est clair pour certains que l’Etat se désengage financièrement et que les agriculteurs devront probablement « mettre la main à la poche ». Une réflexion serait en cours à la Protection des végétaux pour trouver les moyens de continuer à assurer, avec des partenaires cette mission de surveillance et d’information indépendante. (Ndlr : Le nombre d’abonnés aux avertissements agricoles est très insuffisant, une possibilité logique de financement serait d’introduire dans les cahiers des charges des signes de qualité des productions végétales l’obligation de souscrire un abonnement aux avertissements agricoles, ce qui porterait à plusieurs centaines de milliers le nombre d’abonnés : une idée à creuser).

Source : Mél viticole n°15 (18/03/2008)
http://www.viti-net.com/Outils/Fiches/FichesDetail.asp?id=46421

 - 13/05/2008
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