Les fusariotoxines, pour lesquelles des limites maximales de teneurs dans les céréales sont réglementairement fixées, sont les « Don, Zea et fumonisines ». Mais de nouvelles toxines de champignons Fusarium « T2 » et « HT2 » ont été récemment découvertes et se développent surtout sur avoine et orge. Des seuils en teneurs maximales de ces toxines seront aussi fixés, probablement en 2009, afin de protéger le consommateur. Les mesures de protection des cultures sont à l’étude.
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 Sept espèces de champignons de Fusarium peuvent produire des mycotoxines sur céréales : Fusarium graminaearum et F. culmorum qui produisent les mycotoxines Trichotécénes B DON, NIV et Zéaralénone, F. langsethiae et F. sporotrichioides pour les Trichothécénes A T2 et HT2, F. verticilliodes et F. proliferatum pour les Fumonisines (B1, B2). De plus F. poae peut aussi produire les DON et T2 et HT2. Les limites maximales de teneurs en mycotoxines DON, Zea et Fumosinines, fixées réglementairement par la Commission européenne, ont été appliquées sur céréales en 2006 et maïs en 2007. En France ARVALIS-Institut du végétal a expérimenté et établi une grille de risque et des recommandations sur les bonnes pratiques destinées à éviter les contaminations de ces mycotoxines et/ou à les contenir dans les limites réglementaires (voir l’information dans la rubrique « Protection intégrée » de ce numéro).
Mais, à partir de 2003 on a commencé à détecter les mycotoxines T2 et HT2, sur les orges de brasserie, dont 100% ont été ensuite contaminés en 2007, avec moins de cultures avec DON et davantage avec T2, HT2, avec une modification des espèces de Fusarium impliquées, F. langsethiae ayant été découvert il n’y a pas très longtemps. Cette espèce est régulièrement observée sur les céréales du nord de l’Europe, surtout sur avoine qui est l’espèce la plus sensible, le blé et l’orge étant aussi touchés. Lors du 5ème Forum sur les mycotoxines, organisé en janvier 2008 à Bruxelles par la Commission européenne, plusieurs interrogations ont été soulevées. Les enquêtes ont montré qu’il n’y avait pas de lots contaminés à la fois par les DON et par T2, HT2 : les conditions optimales de développement sont elles différentes, où alors les spores des espèces responsables de l’émission des T2 et HT2 sont elles émises plus tard, où bien encore y a-t-il d’une compétition entre les espèces de Fusarium ? S’agissant de l’orge, celui de printemps est plus contaminé que celui d’hiver et que les blés tendre et dur. Les précédents céréales à paille semblent plus contaminés que les autres et le recul manque sur l’effet du travail du sol, en particulier le labour. Il y a donc un réel déficit de connaissances car il s’agit aussi de vérifier si les pratiques destinées à limiter les DON ne favoriseraient pas les H2 et HT2, ainsi que la validité des méthodes d’échantillonnage et d’analyse et de définir une gestion globale des risques.
Au point de vue sanitaire le risque sur orge de brasserie est important étant donné les transferts des toxines sur le malt et vers la bière. La fixation de seuils réalistes est un enjeux majeur car, avec les teneurs suggérées de 500 microgrammes/kg pour les avoines et 1 000 sur toutes les autres céréales la proportion de dépassement serait de 30% des cultures pour la production d’avoine et 11 à 24% pour les orges de printemps et 1% pour ceux d’hiver et les autres céréales. La fixation réglementaire des teneurs limites n’interviendra probablement que pour 2009, le problème est cependant urgent.
Sources : Normand B., LMA n°368 (6/02/2008) et Petit N., LMA n°377 (9/04/2008)
http://www.terre-net.fr/outils/fiches/FicheDetail.asp?id=45853 et
http://www.terre-net.fr/outils/fiches/FicheDetail.asp?id=47206
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