 Cette évaluation, initiée par le Pr. Watson ancien président du GIEC (Groupe international d’études sur le climat), a été sponsorisée par de nombreux organismes internationaux (FAO, PNUD, OMS, UNESCO, PNUE). De 2005 à 2007, 900 participants ont été consultés dans 110 pays du monde entier, aussi bien des scientifiques que des responsables de la société civile et du secteur privé. « L’agriculture ce n’est pas juste le fait de déposer quelque chose dans le sol et ensuite de le récolter. Le problème est l’augmentation des variables sociales et environnementales qui détermineront pour une large part la capacité future de l’agriculture de nourrir 8 ou 9 milliards de personnes d’une manière durable » a déclaré A. Steiner Directeur exécutif du Programme des nations unies pour l’environnement (PNUE). « Le statu quo n’est plus une option. Il faut donc réexaminer le rôle que le savoir agricole peut jouer dans la réalisation des objectifs de développement durable ». Cette remarque de F. Dreyfus, (coordinateur du chapitre sur l’évaluation) situe un des grands objectifs de l’évaluation.
Mais comment utiliser les connaissances agricoles et les sciences et technologies pour réduire la faim et la pauvreté dans le monde tout en améliorant l’impact de l’agriculture sur l’environnement ? Les auteurs sont d’accord pour dire qu’il faudra changer de paradigme et produire plus mais différemment en conciliant productivité et conservation des ressources naturelles. Pour cela ils préfèrent promouvoir à travers le monde une agriculture familiale et multifonctionnelle avec un accès des petits exploitants à la terre, l’organisation des marchés locaux et de l’exportation, la possibilité d’obtenir des prêts. Les OGM peuvent potentiellement contribuer à augmenter la production alimentaire, mais il ne sauraient être à eux seuls une solution car il faut d’abord évaluer les coûts et les bénéfices de leur déploiement à grande échelle en tenant compte des dimensions économique, sociale, sanitaire et environnementale, ce qui n’a pas été encore fait. La priorité à donner à l’alimentation et les rapports de différents organismes internationaux évaluant les impacts d’une production massive de biocarburants de 1ère génération montrent qu’ils ont des effets indirects néfastes et que leur subvention à l’échelle européenne n’est souhaitable que si les populations ne manquent pas de vivre. Les agrocarburants de 2ème génération réduiront les surfaces, mais les effets environnementaux sont encore incertains.
Les multinationales de l’agroalimentaire ont une influence trop importante sur l’orientation des recherches en sciences agricoles, pour des raisons commerciales elles ne cherchent pas à faire économiser les intrants et l’eau par les agriculteurs, ni à préserver la biodiversité. Le rapport incite les gouvernements du monde à investir plus dans la recherche publique pour créer des variétés adaptées au changement climatique et à la raréfaction des ressources en eau, à favoriser la culture d’autres espèces végétales locales utilisant mieux les ressources naturelles que les espèces cultivées dominantes, à mettre au point des systèmes de production plus économes et plus autonomes. Il préconise également d’investir dans la formation et la diffusion des techniques agricoles. Le rapport présente des propositions dans de nombreux domaines : sécurité alimentaire, durabilité environnementale et gestion des ressources naturelles, nutrition et santé humaine, bioénergie, biotechnologie, changement climatique, commerce et marché, connaissances locales et traditionnelles à intégrer avec les innovations, formation dans l’agriculture, investissements…
Source: IAASTD http://agassessment.org
http://www.agassessment.org/docs/Global_SDM_210408_FINAL.pdf
http://www.agassessment.org/docs/SR_Exec_Sum_210408_FINAL.pdf
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