 Le frelon asiatique Vespa velutina est originaire d’Asie. L’adulte, qui mesure 30 mm de long environ, est plus grand que le frelon européen Vespa crabo. Il nidifie surtout dans la frondaison des arbres ou sous des abris aérés (hangar, trous des mûrs, arbres creux…). Les nids ont 60-90 cm de hauteur et 40-70 cm de diamètre. La population de frelons d’un nid au maximum de l’activité (septembre-octobre) est de 1 200 à 1 800 individus. Les fondatrices de V. velutina (jeunes reines fécondées), qui s’abritent durant l’hiver dans des cavités (tas de bois, mûrs de pierres sèches, troncs pourris, galeries de Cossus…), sortent d’hivernage de début février à mai et l’implantation des jeunes nids et de la ponte ont lieu durant cette période. La fondatrice n’est à l’origine que d’une seule colonie par an et elle meurt à la fin de la saison. L’envol des mâles et des femelles reproductrices de la nouvelle génération a lieu à la fin de l’été et au début de l’automne. La part protéinée du régime alimentaire du frelon asiatique est composée à 80% d’abeille en zone urbaine et 40-50% en zone rurale, le reste est composé d’autres insectes (chenilles, libellules, bourdons…) et d’araignées, en fin de saison les frelons sont attirés par les fruits mûrs. Le frelon est peu agressif pour l’homme lorsqu’il est solitaire, mais à l’approche du nid l’attaque peut être virulente et 8-12 piqûres nécessitent une hospitalisation. L’activité durant le printemps et l’été est surtout diurne, mais aussi nocturne, sauf si le froid leur fait réintégrer le nid.
En France le comportement de prédation de V. velutina envers l’abeille domestique est plus important que celui du frelon européen. Dans la journée il se tient plutôt face à l’entrée de la ruche où il attaque les butineuses, surtout celles qui reviennent. Il les attrape, les emporte, en consomme une petite partie, les découpe pour s’emparer du thorax qu’il ramène à son nid, où si son nid est proche il ramène l’abeille entière. Il peut détruire une ruche moyenne à faible en une à deux semaines et c’est vers la fin de la saison que le frelon tente de s’introduire dans la ruche. Les incidences sur le rucher sont : l’affaiblissement de la colonie, l’interruption de l’alimentation en pollen, la mortalité des larves, l’interruption de la ponte, le vieillissement de la colonie qui ne lui permettra pas de passer l’hiver. Il est aussi la cause du développement de maladies. Une échelle de risque a été élaborée : 2 frelons/ruche perturbation mais maintien de l’activité, 3 à 5/ruche perturbation forte, plus de 5 la ruche est condamnée à terme si elle n’est pas déplacée en zone moins sensible. En Asie l’abeille Apis cerana a développé une stratégie de défense efficace : une masse d’abeilles entoure le frelon dont la température atteint 45°C ce qui provoque sa mort. En France l’abeille Apis mellifica réagit de plusieurs manières : opère des regroupements d’individus pour défendre l’entrée de la ruche, attaque le frelon pour essayer de le piquer à des endroits vulnérables bien précis, l’attaque en piqué depuis la planche de vol et le pique entre les tergites ce qui provoque sa chute et son éloignement, enfin l’atterrissage brutal des butineuses sur la planche de vol au lieu d’une arrivée en pente douce afin de lui échapper.
Pour protéger le rucher et éviter les dégâts on préconise : de réduire l’entrée des ruches à 5,5 mm pour empêcher les frelons d’entrer, d’éviter de mettre des cadres à lécher après chaque miellée, de maintenir l’herbe haute devant la ruche pour gêner le vol stationnaire des frelons. Plusieurs moyens de lutte sont envisageables : la capture par piégeage des fondatrices de février à mai (piégeage qualifié de sélectif ?), le piégeage des ouvrières toute l’année et en particulier sur les ruchers de fécondation pour éviter la pression du prédateur. Cette dernière méthode est jugée peu efficace à cause de la faible attractivité des appâts. Afin de limiter la propagation de l’espèce on conseille la destruction systématique des nids avant août, c'est-à-dire avant le début de l’élevage des fondatrices. Les nids détruits par les insecticides doivent être incinérés de suite pour éviter que les oiseaux pilleurs ne soient intoxiqués. Selon une indication de « Opie En épingle » le piége bouteille appâté à la bière sucrée, bien connu des entomologistes, doit être utilisé à proximité des ruchers, mais proscrit le long des cours d’eau car l’appât n’est pas spécifique et un piégeage de masse conduit alors à un massacre d’insectes utiles (auxiliaires), voire protégés.
La surveillance de l’expansion du frelon asiatique en France est nécessaire et des travaux de recherche appliquée sont cours.
Source : Fiche technique apicole : Bull. tech. Apic. 34 (4) 2007, pp 205-210.)
Danger : pièges http://www.inra.fr/opie-insectes/epingles08.htm
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