L’élévation prévue des températures dans les prochaines décennies affectera sous de nombreux aspects les forêts françaises et il est indispensable de prendre des mesures d’adaptation. Dans cette optique un rapport officiel identifie 5 chantiers prioritaires : biodiversité, risques (sanitaire, érosion, incendie), soutien de la production de ligneux, recherche-expérimentation-développement, gouvernance publique.
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 Bernard ROMAN-AMAT, missionné par le Ministre de l’écologie et celui de l’agriculture, vient de leur remettre (10/03/2008) son rapport sur les conséquences du réchauffement climatique de ce siècle sur la forêt française métropolitaine et les actions publiques qu’il préconise pour y faire face. Les conclusions de ce rapport ont d’ores et déjà pu être prises en considération dans les propositions des « Assises de la forêt », conformément aux orientations du « Grenelle de l’environnement ». Les scénarios des climatologues tablent sur un réchauffement climatique de 1,5 °C pour le milieu du siècle et au-delà de 2050 l’intensité de ce réchauffement dépendra des émissions de gaz à effet de serre. Les forêts métropolitaines seront affectées de manière multiple : biodiversité, croissance, santé, régénération… De plus, les risques naturels : érosion des sols, incendies, tempêtes de vent, vont se trouver accrus, en premier lieu dans les forêts méridionales et de montagne. Pour faire face à cette situation 5 chantiers prioritaires ont été identifiés :
1-En matière de biodiversité il s’agit d’une adaptation de la partie française du réseau NATURA 2000, en complétant le programme des réserves biologiques intégrales de l’ONF (Office national des forêts) et pour tester en vraie grandeur la future « trame verte »,
2-Dans le domaine des risques, le rapport insiste sur le besoin de renforcer les moyens de surveillance coordonnés par le département santé des forêts et d’intensifier la gestion des forêts de montagne, notamment le renouvellement des peuplements des séries RTM (Restauration des terrains de montagne). Il recommande aussi l’extension de la politique de prévention des incendies de forêts,
3-Dans les forêts dites « de production » il est proposé de susciter le développement d’une sylviculture dynamique et des peuplements mélangés et notamment d’inviter financièrement dès 2010 au remplacement des peuplements vulnérables. Il faudrait consacrer au moins 10% des moyens publics à l’installation de boisements pilotes à partir de 2010,
4-Dans le domaine « Recherche-expérimentation-développement » le rapport souligne l’importance de renforcer dès 2008 le soutien par l’ANR (Agence nationale pour la recherche) des recherches sur le changement climatique et la forêt. Il propose de charger le GIP ECOFOR (Groupement d’intérêt public sur la recherche sur les écosystèmes forestiers) d’une coordination nationale sur ce sujet, avec 2 réseaux mixtes technologiques sur l’adaptation des forêts à leur environnement (stations forestières) et sur la diversité génétique. Il propose aussi de confier à l’ONF le soin d’initier une « recherche action » en forêt publique, en insistant sur la nécessité de constituer des bases de données régionales sur l’expérimentation et de mettre en place une formation continue nationale,
5-Le rapport s’attache enfin à des propositions en matière de gouvernance publique, en insistant sur la nécessaire coordination entre les 2 ministères (écologie et agriculture) sur le sujet. Il suggère de créer dès 2008 un site web dédié au plan d’action des pouvoirs publics et à son avancement. Le rapport demande avant fin 2009 l’intégration du changement climatique dans les référentiels de certification forestière et enfin de mettre en place une offre de formation permanente à la gestion de crise pour les décideurs et les acteurs de terrain.
Source :http://www.developpement-durable.gouv.fr/article.php3/id_article=2965 (Communiqué de presse du 10/03/2008). Rapport complet disponible sur les site web du ministère de l’agriculture et du ministère de l’écologie.
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